1. Partir
Des trottoirs jonchés de débris et de poussière
s'élèvent vers l'église gâteau de mariage,
qui, blanche et inchangée,
flotte au-dessus de bâtiments épuisés.
Des voitures passent en klaxonnant, une ambulance hurle;
Ras-el-Hanout, cannelle et poivre
se mêlent aux rythmes Africains et aux baumes Chinois;
du trip-hop sophistiqué retentit
par la fenêtre de mon voison bobo;
de l'acier rouillé fond sous le soleil
là où des rails se dirigent vers la Gare du Nord,
tissés et enchevêtrés
comme un flux de conscience schizophrène.
Mes pas d'été Indien m'amènent
pour une dernière fois à travers d'étroites ruelles,
dans lesquelles je croise des Indiennes en sari
et des sourires aux dents blanches dans des visages noirs,
et les yeux d'un jeune Marocain disent "Allez, viens !"
Tout paraît si familier et si chez moi,
tout en vitesse floue et turbulence.
Le bruit de la vie.
Je passe mes derniers jours dans un mode toile d'araignée,
dans des cartons, dedans, dehors, en kraft, en plastique, en tristesse.
Et les couchers de soleil dorés sentent l'Adieu silencieux.
2. Pause
Moïse, troublé, oublia de noter
le numéro onze stipulant
que tu ne compareras point ce que tu as
à ce que tu avais auparavant.
Quel dommage depuis.
3. Arriver
Après la ville speedée, le bâillement de la banlieue,
même s'il s'effectue poliment, derrière une main manucurée,
révèle le parfum désséché de la fortune et des vieux noms.
A travers la fenêtre haute et béante,
une espèce de faux Cannes regarde l'intérieur;
des pins se gondolent de l'autre côté de la rue;
et en-dessous, des pelouses taillées aux sciseaux.
Même les chiens portent du Ralph Lauren,
et les chats miaulent avec un accent chic.
Dans les bois à proximité, des hommes offrent leurs corps altérés
enveloppés dans des bas-résille et des parfums fruités.
Des pas lents retentissent en écho des murs blancs
et le murmure de ma voix résonne comme vide.
Ce recommencement sent la peinture frâiche.

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