Alice dans sa robe de fête
marche calmement vers la rivière.
Ses yeux troublés par l’anxiété,
son visage couleur craie et résolu,
son rouge à lèvres un cri en pourpre,
et en écho, ses bracelets de gouttes rouges.
Les saules pleureurs fredonnent en chœur
une berceuse triste, et ses pieds nus
portent un grand vide pesant ...
Une sirène vagit dans son crâne,
sirène qu’elle nomme désir.
Alice dans sa robe de fête
préfère céder. Elle comprend que
Radiohead ne séchera pas ses larmes,
Marylin Manson ne peut plus hurler
sa colère et aucune célébrité ne peut
vivre ses rêves pour elle.
Malgré elle, les choses soudain
ont commencé à croître: ses seins d’abord ;
ses poils, ensuite ses émotions ;
les minutes, et enfin les cauchemars.
Les démons qu’elle a combattus,
ses animaux sombres et torturés,
s’assoient nuit après nuit sur sa poitrine.
Alice dans sa robe de fête
repose sa tête sur les vagues du fleuve,
ses longs cheveux flottent comme un cygne,
des ruisseaux rouges coulent de ses poignets.
La rivière tire ses vêtements avec force,
vers le fond profond et noir et doux.
Sa vie, ce soupir quotidien qui dure
des éternités, s’en va maintenant.
Alice dans sa robe de fête,
emportée par une rivière sans nom,
entraînée vers les entrailles de l’eau,
Alice se lève et disparaît
dans la
blancheur
indolore...
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