Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 13:08

John-Everett-Millais_Detail-of-Ophelia_1851-1852.jpg

 

Alice dans sa robe de fête

marche calmement vers la rivière.

Ses yeux troublés par l’anxiété,

son visage couleur craie et résolu,

son rouge à lèvres un cri en pourpre,

et en écho, ses bracelets de gouttes rouges.

Les saules pleureurs fredonnent en chœur

une berceuse triste, et ses pieds nus

portent un grand vide pesant ...

Une sirène vagit dans son crâne,

sirène qu’elle nomme désir.

 

Alice dans sa robe de fête

préfère céder. Elle comprend que

Radiohead ne séchera pas ses larmes,

Marylin Manson ne peut plus hurler

sa colère et aucune célébrité ne peut

vivre ses rêves pour elle.

Malgré elle, les choses soudain

ont commencé à croître: ses seins d’abord ;

ses poils, ensuite ses émotions ;

les minutes, et enfin les cauchemars.

Les démons qu’elle a combattus,

ses animaux sombres et torturés,

s’assoient nuit après nuit sur sa poitrine.

 

Alice dans sa robe de fête

repose sa tête sur les vagues du fleuve,

ses longs cheveux flottent comme un cygne,

des ruisseaux rouges coulent de ses poignets.

La rivière tire ses vêtements avec force,

vers le fond profond et noir et doux.

Sa vie, ce soupir quotidien qui dure

des éternités, s’en va maintenant.

 

Alice dans sa robe de fête,

emportée par une rivière sans nom,

entraînée vers les entrailles de l’eau,

Alice se lève et disparaît

dans la

blancheur

indolore...

Par Dieter Moitzi - Publié dans : Péloponnèse Nord - 1 - Communauté : Litterature
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 14:01

In-Out.jpg1. Partir

Des trottoirs jonchés de débris et de poussière

s'élèvent vers l'église gâteau de mariage,

qui, blanche et inchangée,

flotte au-dessus de bâtiments épuisés.

 

Des voitures passent en klaxonnant, une ambulance hurle;

Ras-el-Hanout, cannelle et poivre

se mêlent aux rythmes Africains et aux baumes Chinois;

du trip-hop sophistiqué retentit

par la fenêtre de mon voisin bobo;

de l'acier rouillé fond sous le soleil

là où des rails se dirigent vers la Gare du Nord,

tissés et enchevêtrés

comme un flux de conscience schizophrène.


Mes pas d'été Indien m'amènent

pour une dernière fois à travers d'étroites ruelles,

dans lesquelles je croise des Indiennes en sari

et des sourires aux dents blanches dans des visages noirs,

et les yeux d'un jeune Marocain disent "Allez, viens !"

Tout paraît si familier et si chez moi,

tout en vitesse floue et turbulence.

Le bruit de la vie.


Je passe mes derniers jours dans un mode toile d'araignée,

dans des cartons, dedans, dehors, en kraft, en plastique, en tristesse.

Et les couchers de soleil dorés sentent l'Adieu silencieux.

 


2. Pause 

Moïse, troublé, oublia de noter

le numéro onze stipulant

que tu ne compareras point ce que tu as

à ce que tu avais auparavant.

Quel dommage depuis.



3. Arriver

Après la ville speedée, le bâillement de la banlieue,

même s'il s'effectue poliment, derrière une main manucurée,

révèle le parfum désséché de la fortune et des vieux noms.

 

A travers la fenêtre haute et béante,

une espèce de faux Cannes regarde l'intérieur;

des pins se gondolent de l'autre côté de la rue;

et en-dessous, des pelouses taillées aux sciseaux.

 

Même les chiens portent du Ralph Lauren,

et les chats miaulent avec un accent chic.

Dans les bois à proximité, des hommes offrent leurs corps altérés

enveloppés dans des bas-résille et des parfums fruités.

 

Des pas lents retentissent en écho des murs blancs

et le murmure de ma voix résonne comme vide.

Ce recommencement sent la peinture frâiche.

Par Dieter Moitzi
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Samedi 18 juin 2011 6 18 /06 /Juin /2011 11:27

Mountains.jpg

 

Tranquillité… Nous sommes assis, le banc est chaud

Et sec. Derrière nous, les sapins chuchotent,

Les pins et les épicéas murmurent.

Tendresse du vent – un dernier baiser que nous lance

Doucement un été mort. Le soleil, soupirant,

Se pose sur la rive des collines. Et le crépuscule approuve.

Nous transperçons d'un regard apaisé l'orange de l'air

En écoutant l'hymne des abeilles dans l'herbe.

Un geai trace des spirales sans fin, des signes secrets

Et illisibles, dans le ciel qui s'assombrit.

Un soulagement inonde nos membres,

Si lourds et épuisés par la montée.

 

La vallée à nos pieds étale ses plis,

La rivière un ruban étincelant qui serpente à travers

Les teintes et tâches des champs en vert foncé.

Combien le temps peut sembler en apesanteur

Lorsqu’on y songe sur un vieux banc en bois

Perdu dans cette forêt si escarpée de nos espoirs.

 

Tu serres ma main et lances un large sourire,

Ta voix toute en velours un nouveau son dans cette soirée

De parfums de résine qui flottent dans l’air.

«  En paix enfin, » dis-tu, et le ton est content.

Nous avons soif après les pérégrinations de notre vie,

Et quel régal que ce repos honnêtement mérité !

Par Dieter Moitzi - Publié dans : Bienvenue - Communauté : Litterature
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Mercredi 15 juin 2011 3 15 /06 /Juin /2011 14:17

Cela fait bien longtemps que je n'ai rien publié dans cet espace. J'étais très occupé par l'écriture, en anglais depuis un an, d'un nouveau roman, de poèmes et de nouvelles.

 

Enfin, j'ai trouvé du te mps libre pour tenter une retranscription d'un des poèmes publiés sur mon blog anglophone. Le thème est encore et toujours la Grèce.

 

Bonne lecture ;  j'essaierai désormais de revenir plus souvent ici.

 


Wild-Fig-and-Church-300x223.jpg

 

Souvenir de Grèce (une déclaration d'amour)

… et sous la chaleur qui grimpe, torride chaleur,
les maisons sous leur toit rouge se recroquevillent contre le sol aride,
comme en vagues, l'air se gondole au-dessus d'une terre de soif,
l'asphalte, ruban noir, ruisselle entre les champs,

aux airs d'anciens parchemins, les champs oscillent,
tel un océan ocré de gazon mort,
quand Eole soupire et fait frémir sa plainte,
atténuée par trois mille soixante-neuf cigales qui chantent,

cet hymne des cigales, concert de cymbales creuses,
sous le regard inflexible d'Hélios s'unit
aux fragrances de pulpeuses figues et citrons verts,

formant un cantique de jours d'été et peau brûlante,

et la peau se rafraîchit à l'eau salée,
sur la rive, une haie de roseaux danse,
et un olivier au stoïcisme millénaire souffre les maux

et le souffle sec tandis que changent sans cesse les Dieux...

 

figues-grece.jpg

Par Dieter Moitzi - Communauté : Litterature
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Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 16:16

8 : Il fait bon vivre, sur (Epilogue)

 

Ça y est, c'est fait, c'est accompli ! J'ai fini par mettre le dernier bout en ligne. Vous pouvez désormais lire le polar dans son intégralité. Merci de me faire savoir si cela vous a plu, ce que vous en pensez.

 

Un dernier chapitre se clôt, une page se tourne.

Par Dieter Moitzi - Publié dans : Bienvenue
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Samedi 17 avril 2010 6 17 /04 /Avr /2010 10:33
Par Dieter Moitzi - Publié dans : Bienvenue
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Vendredi 16 avril 2010 5 16 /04 /Avr /2010 10:33
Par Dieter Moitzi - Publié dans : Bienvenue
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Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 15:56
Par Dieter Moitzi
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Mardi 13 avril 2010 2 13 /04 /Avr /2010 16:14
Par Dieter Moitzi - Publié dans : Bienvenue
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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 14:56
Par Dieter Moitzi - Publié dans : Bienvenue
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